Lettre D’amour au Burundi

Burundi bwacu*,

Burundi buhire,

Le pays qui m’a vu naître et grandir. La patrie que j’aime.

Sur ton sol, j’ai fait mes premiers pas et j’ai aimé pour la première fois.

Tu as accueilli mes premiers pleurs et rires. Tu m’as bercé par ta musique.

Un jour, je suis partie. Et depuis, il y a un vide dans mon cœur.

Je t’ai laissé avec un pincement au cœur.

La gorge nouée car je ne voulais pas pleurer.

Je ne voulais pas admettre que tu allais me manquer.

Ton manque me pèse énormément. Tu as laissé un vide que seuls ceux qui sont partis, ressentent.

Je me surprends parfois à me souvenir de tes riches parfums. De rêver de tes beaux paysages.

Ta voix reste gravée dans ma mémoire et l’éclat de ta beauté m’éblouie encore.

Mais j’ai peur de t’oublier, de ne plus pouvoir te retrouver un jour.

Es-tu toujours le même?

 

Warapfunywe ntiwapfuye,

Warahabishijwe ntiwahababuka,

Mon coeur te pleure Burundi.

Mon cœur te pleure parce qu’il y a longtemps que je ne t’ai pas vu.

Qu’es-tu devenu?

On m’a dit que tu n’allais pas bien. Que tu es en deuil car tu as perdu beaucoup de tes enfants.

On m’a raconté que certains de tes enfants étaient devenus égoïstes et voulaient tout avoir sans partager avec leurs frères et sœurs.

Pourtant, il y en a assez pour tout le monde!

On m’a dit que le soleil ne brille plus de la même manière et que la pluie n’arrose plus ta terre mais l’inonde.

Ton beau Lac Tanganyika a même perdu sa beauté et son éclat, à cause du sang de tes enfants qui y a coulé.

Peut-on encore entendre le chant de tes oiseaux?

Le levée du soleil se fait-il encore attendre avec impatience? Ou bien tes enfants se réveillent la peur au ventre, se demandant si cette journée serait la dernière ou quelles nouvelles macabres les attendaient?

Dis-moi? Que t’est-il arrivé?

Je te sens brisé, perdu, désemparé!

 

Burundi bwacu,

Nkora mutima kuri twese,

Tugutuye amaboko, umutima n’ubuzima,

Imana yakuduhaye ikudutungire,

Je n’arrête pas de penser à toi et de prier pour toi.

Je ne veux pas t’oublier. Je ne veux pas croire que tu n’es plus celui que j’ai connu.

Parfois je pleure, je me mets en colère, je me révolte mais l’espoir ne disparaît pas.

Je sais qu’un jour je te reverrai et que tu seras plus beau qu’avant.

Et tes enfants auront appris à partager. Ce souhait est cher à mon cœur.

Je pense à ceux qui ont perdu les leurs ou ne les retrouvent plus, ne sachant pas quel est leur sort. Qui va leur rendre justice?

Je pense à ceux qui ont tout laissés derrière eux pour sauver leurs vies et leurs familles et qui sont maintenant loin de toi, mu gahinga.

Qu’adviendra-t’il d’eux?

Mais malgré tout, je garde l’espoir qu’après la pluie vient toujours le beau temps. Ntamvura idahita comme on dit chez nous.


Horana ubumwe n’abagabo n’itekane,
Sagwa n’urweze,
Sagwa n’amahoro meza.

 

*Hymne national du Burundi

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