Le Petit Guide De Survie De L’introvertie

Avez-vous souvent l’impression de vivre dans un monde taillé sur mesure pour les autres? Le sentiment de devoir porter un masque, de devoir entrer dans la peau de quelqu’un d’autre, pour donner à votre entourage l’impression d’être la bonne personne et vous donner l’impression d’être à votre place?

C’est le sentiment que j’ai au quotidien dès que je franchis la porte de mon appartement pour aller à la rencontre du monde réel. Non, ce n’est pas parce que je suis une femme dans un environnement machiste. Ni parce que je suis noire dans un pays majoritairement blanc. Quoique tout cela y contribue probablement. Le problème auquel je suis confrontée quotidiennement, et qui m’oblige à être ce que je ne suis pas, c’est le fait d’être introvertie.

Ben oui quoi! J’ai l’impression que notre monde a été façonné pour permettre l’épanouissement de nos fougueux amis extravertis. Le modèle de l’efficacité, de l’intelligence, de la performance, de la sympathie, c’est rarement l’introverti qui a besoin de sa solitude pour se ressourcer, qui a dû mal à réfléchir à pleine capacité pendant une réunion d’équipe, qui n’a aucune envie d’aller socialiser, sans raison valable, le jeudi soir après des heures de dur labeur, parce que c’est supposé nous détendre.

La personne brillante c’est celle qui parle fort, avec assurance et spontanéité, c’est celle qui sait vendre ses idées même quand elles ne sont pas terribles, c’est celle qui est accro aux échanges, aux contacts et parle aisément de pluie et beau temps avec des inconnus. Et ce n’est pas moi. Bien sûr, au début, j’ai décidé de faire comme tout le monde, de me battre pour rentrer dans le moule. Donner l’impression que j’aimais parler au téléphone avec des clients, en faisant des blagues ou en leur cirant les pompes pour négocier un contrat. Je me suis forcée à avoir l’air enjoué chaque fois qu’il fallait participer à une réunion, alors que je savais bien que j’ai mes idées les plus créatives lorsque je griffonne sur un bout de papier, seule dans mon bureau.

Mais non, ce n’est pas comme ça dans le vrai monde. Si tu n’es pas super sociable alors tu es bizarre. Si tu n’es pas expansive dans tes interactions alors, tu manques d’entregent, tu n’es pas dynamique, tu es trop coincée pour réussir tes projets. Alors, je fais semblant la plupart du temps, et j’essaie d’avoir l’air un peu plus extraverti pour plaire au monde. Mais difficile de faire semblant en permanence.

Ainsi, sachant qu’environ la moitié de la population n’est pas extravertie, tout comme moi, j’ai décidé de réunir quelques stratégies utilisées par les introverties de mon entourage et d’en faire un petit guide de survie pour ce monde implacable. Que ce soit au travail, en famille, avec les amis ou à l’église, en attendant un monde meilleur où nous serons acceptées telles que nous sommes, à travers une série de billets, je partagerai quelques petites pichenettes pour évoluer avec plus d’aisance au quotidien.

Besoin de savoir si vous faites partie de mon crew? Cet article (en anglais) de Dr Susan Krauss Whitbourne pour Psychology Today résume bien les principales caractéristiques des personnes introverties : Nine Signs You’re Really an Introvert.

Les 9 signes en question sont :

  • On aime et savoure nos moments de solitude.
  • Nos meilleures idées émanent de moments de réflexion solitaire.
  • Comme leader, on gère avec brio des groupes déjà assez autonomes.
  • On n’aime pas particulièrement être sous les feux des projecteurs.
  • On ne donne souvent notre opinion que lorsqu’elle est explicitement sollicitée.
  • On a souvent nos écouteurs aux oreilles dans les lieux publics.
  • On préfère éviter les interactions avec les personnes qui semblent énervées.
  • On préfère ne pas être celles qui initient les appels, messages et autres interactions.
  • On n’initie encore plus difficilement les échanges anodins avec des inconnus.

Voilà, si vous vous reconnaissez (ou pas), n’hésitez pas à découvrir le premier extrait du guide de survie et à l’enrichir également.

About Edwige Suzon 3 Articles
Atteinte par le virus du jamais-sans-ma-valise, Edwige a décidé de joindre l'utile à l'agréable en optant pour une formation en développement international. Aujourd'hui établie à Ottawa, c'est toujours avec un grand enthousiasme qu'elle saute sur la moindre occasion qui la rapprocherait de son Afrique d'origine. Ses centres d'intérêts sont l'Afrique (quelle surprise!), les droits des femmes et la communication. Créative et fana d'organisation, elle se passionne pour les arts, les cultures et la gastronomie. Ce qui l'agace ou la révolte : la routine, les injustices et les personnes à l'esprit peu ouvert.

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