A Quoi Rêves-tu?

«Chaque grand rêve commence par un rêveur. 

Rappelez-vous toujours, vous avez en vous la force,

la patience, et la passion d’atteindre les étoiles

pour changer le monde»Harriet Tubman

Ma fille aînée va bientôt avoir 3 ans. Quand j’ai su que j’allais avoir une fille, j’ai eu la plus grande frayeur de ma vie. A ce moment-là, je réalisais qu’il allait être de ma responsabilité de lui offrir une bonne éducation car sa vie et son avenir dépendraient en grande partie de moi.

J’ai aussi remarqué avec le temps qu’elle grandissait, mais que moi aussi je grandissais avec elle, en tant que mère mais aussi en temps que femme. Ainsi, il y a une chose très importante que j’ai apprise : je dois être son mentor n°1! J’ai pour mission de la guider et de la diriger dans SES choix (et non dans MES choix pour elle), pour qu’elle devienne un jour la femme qu’elle est appelée à être. Pour y arriver, je me suis donnée comme objectif  de lui demander à chacune de ses fêtes d’anniversaire : « Quels sont tes rêves ma cocotte? ». Malheureusement, pour la plupart des filles cette question ne leur a été posée que très rarement, voire jamais.

En Afrique, la femme a toujours été représentée comme le « pilier de la famille ». Du coup, à une certaine époque, l’éducation des filles consistait principalement à en faire des femmes au foyer. A notre époque, en plus de l’éducation qui doit faire d’elles de parfaites épouses et mères (pas nécessairement femmes au foyer), les filles doivent suivre une scolarité exemplaire, et devenir, elles aussi « quelqu’un ». Aujourd’hui, une fille peut espérer jouer d’autres rôles que celui de femme au foyer, mais bien souvent, elle ne fait que poursuivre les rêves et aspirations de sa famille. On lui demande toujours de faire ceci ou cela ou encore d’en faire « plus » pour « l’honneur » de la famille.

Peu importe l’époque, plusieurs filles n’entendront jamais : que veux-tu faire de ta vie? A quoi rêves-tu?

Une fois à l’école primaire on nous a posé cette question. Un enseignant donc nous a demandé ce qu’on voulait être plus tard. Plusieurs filles avaient répondu qu’elles voulaient être chanteuses, actrices, secrétaires, …

A mon avis, ce genre de réponses illustre un petit problème. Celui-ci  ne réside pas dans les réponses données, mais plutôt dans leur prévisibilité. Comme si nous étions toutes faites pour faire les mêmes choses et que tout est déjà défini et décidé à l’avance. Les filles sont soit a, b, ou c. En bout de compte, c’est comme si on était confinée dans des rôles prédéterminés par la société.

De nombreuses filles n’ont pas de rêves. Une fille africaine qui ne veut pas nécessairement suivre le sentier battu, est qualifiée de  « prétentieuse », synonyme chez nous de croire être « meilleure que les autres ».

Pourtant le rêve est l’essence même de la vie humaine. La vie ne trouve son véritable sens que dans le but que l’on poursuit en vivant. Notre accomplissement en tant qu’être humain se trouve souvent au bout d’un rêve poursuivi et atteint.

Laissez-moi développer tout ceci par cette petite illustration :

Je nous vois comme des plantes, et des graines de semence représentent nos rêves.

Pour qu’une plante puisse pousser, elle a besoin de 2 éléments essentiels : une bonne terre et un environnement favorable :

  • La graine doit être semée dans une bonne terre, dans le cas contraire, elle étouffe et meurt : cette bonne terre représente le milieu dans lequel nous évoluons. Celui-ci est censé être propice à une bonne maturation. Le milieu dans lequel nous sommes a donc un grand impact sur notre épanouissement.
  • La graine a besoin d’eau, de lumière et d’une température favorable (environnement) : on est nombreuses à ne pas savoir ce que l’on veut faire, on est comme des plantes sans vie. Pour moi, cet environment représente les personnes qu’on rencontre qui nous font grandir et nous rendent meilleurs. Un environnement défavorable étouffe donc nos rêves.

Lorsque ces 2 conditions sont réunies la plante porte du fruit, c’est-à-dire que les rêves se réalisent par les efforts personnels mais aussi l’apport et l’implication des gens autour de nous. Ceci nous permet aussi de passer le flambeau à la prochaine génération de jeunes filles et femmes qui à leur tour poursuivront leurs rêves mais surtout, inspireront d’autres à poursuivre les leurs.

Je nous encourage à donner à la nouvelle génération ce que nous n’avons pas reçu de la génération avant nous, ce que personne ne nous a appris à faire. Et comme il y a toutes sortes de plantes et de graines, apprenons à rêver différemment à sortir de la “boîte”. Parce que les filles en Afrique, et dans certains coins de la planète, se retrouvent facilement confinées dans des rôles prédéterminés.

A quoi rêvez-vous mes chères ? J’ose  vous demander quels sont vos rêves? Qu’est-ce qui bouillonne en vous?

Il n’est jamais trop tard pour rêver ou commencer à vivre nos rêves.
L’essentiel réside aussi dans le fait de s’entourer de personnes qui ont une vision, qui ont réalisé ou sont sur la voie de réaliser leurs rêves.

Sortons de notre zone de confort et allons à la rencontre de personnes inspirantes. Osons parler de nos rêves même si personne ne nous le demandera jamais.
Laissons notre cœur battre pour nos aspirations, et sortons de nos boîtes pour nous affirmer.
Entourons nous de ces personnes inspirantes qui nous font avancer et nous célèbrent.

Je ne prétends pas avoir réponse à tout ou offrir une solution quelconque. Loin de là!

Mais la question mérite d’être posée, et j’aimerais inviter chacune de nous, à y réfléchir.

A quoi rêvez-vous ?

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